Mivalick

Mivalick

Souvent Mivalick se promenait dans l’immense forêt qui bordait son quartier. Il y trouvait le calme qui lui faisait défaut ailleurs. La détente à laquelle il ne pouvait accéder depuis son appartement sans cesse inondé par le déversement de la télévision. À croire qu’elle restait allumée nuit et jour tant elle était présente.

Mivalick n’aimait pas la télévision. Il la trouvait inutile et provocatrice. Violente trop souvent et bête le reste du temps. Il n’avait aucunement intention de se laisser piller la cervelle par un outil qui la purgerait sans qu’il s’en rende compte.

Chez lui c’était aussi la musique de sa sœur qui prenait de l’espace. Qui résonnait d’une pièce à l’autre. Lui seul dérangé. On n’entendait pas ses demandes répétées et poliment formulées.

Quand il était en colère, il quittait l’appartement pour aller poser son attention sur les sentiers du bois. Il s’y imaginait perdu à la manière du petit poucet. Laissant la peur le gagner il avançait dans une confusion d’idées et des sentiments tandis qu’il fouillait le fond de ses poches exemptes de pain ou de cailloux à semer. Une bataille intérieure se menait à la manière d’un film d’horreur au cours duquel les monstres assaillaient les protagonistes hurlant leur méchanceté. Semant le danger sur leur passage.

Mivalick savait que l’ensemble de végétation dans lequel il se trouvait alors l’emporterait. Sa promenade allait le défaire de son intrigue intérieure jusqu’à le rendre joyeux comme il aimait. Il savait que son regard se poserait sur le ciel. Que la lumière glissant entre les branches et les feuillages lui rendrait légèreté et dynamique.

Après avoir laissé de côté son brouillard et la sensation d’être perdu, il pouvait s’asseoir au pied d’un arbre. Une horloge en lui indiquait le moment. Il choisissait un arbre qu’il avait envie de toucher. Ses mains parcouraient l’écorce. Il fermait les yeux et se laissait gagner par la rugosité. Il se serrait contre le tronc qu’il entourait de ses bras.

Une fois Mivalick défait de son averse de tourment, il rouvrait les yeux pour les laisser se remplir du paysage. Ses oreilles légères du chant des oiseaux, des mille bruits d’insecte et du mouvement de la végétation l’aidaient à se sentir gai de nouveau.

C’est une danse à la forêt qu’il entamait en sorte de remerciement. Indien, il sautait d’un pied sur l’autre. Chantonnant et criant pour évacuer du le creux de son ventre l’énervement et la contrariété qui s’y étaient logés.

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