The Lunch-Box

The Lunch-Box

C’est un message de vœux qui, récemment, m’a rappelé que j’avais vu un film simple et simplement beau. Les vœux de mon interlocutrice faisaient référence à The Lunch-Box et à ces possibles vers lesquels il nous conduit.

Ritesh Batra raconte l’histoire d’Ila — Nimrat Kaur —, une femme mariée qui prépare chaque jour le déjeuner de son mari parti travailler dans une lointaine banlieue de Bombay. À heure fixe, un porteur à vélo vient chercher la boîte repas à domicile et l’apporte au service de distribution par train qui la confiera après circulation ferroviaire à un autre porteur qui pédalera jusqu’au bureau du destinataire. Pour Ila, il est question de soigner les repas afin de regagner les faveurs de l’époux.

Dès le début du film, la boîte est livrée à un autre destinataire, Saajan — Irfan Khan — un homme solitaire, veuf, proche de la retraite. Surpris par la qualité du repas, il félicite le soir même le restaurateur préparateur de sa lunch-box quotidienne qu’il croit responsable d’un soudain génie culinaire. Au retour de la boîte vide, Ila se félicite quant à elle que son mari — croit-elle — ait apprécié son repas… puis s’étonne qu’il n’en fasse aucunement mention à son retour. L’homme est peu bavard, tout à fait rustre et l’on peut se demander s’il ne nourrit pas une relation extra conjugale.

Quelques quiproquo, sans exagération.

Dans les jours suivants, le festin continue, aussi Saajan, intrigué, glisse un message dans la boîte repas. Une correspondance débute entre un homme las et une femme qui s’ennuie et souffre dans sa condition d’esclave à demeure, au service de celui qui apporte l’argent du foyer, la voit à peine, se comporte grossièrement.

Avec cette seule intrigue de l’erreur d’aiguillage de la boîte déjeuner, Ritesh Batra invente un film intelligent, rythmé par la correspondance et les préparatifs culinaires, jamais lassants. S’ajoutent quelques épices familiales, des trucs partagés entre femmes pour satisfaire les hommes, la rude condition des femmes indiennes.

Les mots aidant, Ila et Saatan évoluent. Elle a envie de changer de vie, rêve de partir dans un endroit idéal où le quotidien semble plus doux ; il devient plus sociable, s’ouvre aux autres, accepte d’accompagner son successeur à reprendre sa fonction. Deux êtres humains finalement tentés de se rencontrer — on se demande si une histoire d’amour peut naître entre eux — mais le réalisateur brouille les pistes attendues et nous conduit ailleurs.

Une histoire simple pour un film simple, de beaux personnages, un univers grouillant de monde à l’extérieur, agité de trains et de circulation de boîtes repas sur des kilomètres. The Lunch-box est une réussite, un film savoureux et sensoriel à travers lequel deux personnages rassemblent les ingrédients de leur émancipation.

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