Lettre à une petiote sur l’abominable histoire de la bouffe industrielle

Lettre à une petiote sur l’abominable histoire de la bouffe industrielle

Après sa Lettre à un paysan sur le merdier qu’est devenue l’agriculture, Fabrice Nicolino s’adresse à sa petiote pour lui expliquer le monstre qu’est devenue l’industrie agroalimentaire.

Raréfaction des espèces végétales dans la nourriture humaine — de 30 000 espèces comestibles recensées, 12 seulement assurent la base des repas des ¾ de la population planétaire. Violence des multinationales du crime chimique de guerre — gaz sarin, agent orange… — reconverties en fournisseuses planétaires de pesticides dont elles savent la toxicité. Exploitation des enfants dans les plantations de cacao revendant aux plus grandes marques. Composition affolante de plats préparés devenus pathogènes…

« Quelque 75 000 accidents cardio-vasculaires et 25 000 morts seraient dus à l’excès de sel chaque année dans notre pays. Soit près de 70 morts par jour. […] 80 % du sel consommé chez nous provient des aliments savamment préparés par l’industrie agroalimentaire. »

Le sel, le sucre et le mauvais gras sont les grands amis d’une industrie qui en ajoute à tour de bras pour rehausser le goût de matières premières fades parce que de piètre qualité. Ils permettent de conserver comme de retenir l’eau ce qui augmente le poids d’un produit. Ils rendent accro un consommateur qui, mené par ses addictions, saura se rendre jusqu’au bon rayon du supermarché… L’industrie étudie les comportements des consommateurs pour mieux qu’ils mangent dans sa main.

L’obésité et le diabète se répandent partout où des multinationales de la malbouffe déploient produits et stratégie. Mais pourquoi se préoccuper de santé publique quand la recette rapporte lourd et que la morale de l’histoire est de faire du profit ? À quoi bon ?

Des pesticides plein les pommes ou la vigne et le public s’inquiète des résultats d’études scientifiques : dormez tranquilles braves gens et consommez sans crainte, des agences de communication sont là pour minimiser les problèmes liés aux effets des produits dont on asperge fruits et légumes. À force d’informations contradictoires, plus personne ne s’y retrouve. La liste est longue des reproches à formuler envers une industrie particulièrement malsaine dont les lobbies sont puissants.

Voilà un petit livre précieux — dont l’adresse à la « petiote » est parfois agaçante. L’ouvrage a le mérite de recenser des parcours industriels qui font froid dans le dos tout comme les dérives du secteur de l’agroalimentaire. Il se termine fort heureusement par un chapitre « hommage » à celles et ceux qui ne s’en laissent pas conter. Une note d’espoir, l’exemple de lanceurs d’alerte ou de protecteurs de biodiversité, des solutions à mettre en œuvre sans tarder.

Après cette lecture, qui osera encore faire ses courses les yeux fermés ?

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