Aurore

Aurore

Aurore est serveuse à La Rochelle. Le bar restaurant dans lequel elle travaille vient d’être repris par un type assez odieux et méprisant. Elle a deux filles, jeunes adultes, a divorcé de leur père qu’elle revoit comme un bon copain.

La cinquantaine se joue d’elle : entre solitude amoureuse et bouffées de chaleur, Aurore voit le temps passer avec les éclats de rire de l’amitié et la précarité de sa situation qui s’aggrave quand elle envoie paître le méprisant. Elle accompagne parfois sa meilleure amie, agente immobilière, pour l’aider à booster les visites en jouant la fausse cliente intéressée par le bien. C’est là qu’un jour débarque Totoche, ancien amour de jeunesse. Les deux adultes sont émus de se retrouver de la sorte et, privés de leur à-propos lors de cette rencontre inattendue, ils en oublient de se donner rendez-vous.

Lorsqu’elle est au chômage, Aurore est accompagnée par deux femmes — une scène désopilante avec l’une d’elles qui la place dans le ménage et ne parvient, en quelques minutes, qu’à enchaîner les interjections et autres mimiques, sans prononcer un mot cohérent ou explicite : géniale Florence Muller !

Les journées d’Aurore défilent. Ses filles la bousculent : l’aînée parce qu’elle est enceinte — ce qui fait d’Aurore une future grand-mère— et plutôt brutalisante émotionnellement ; l’autre parce qu’elle décide de tout plaquer pour suivre son amoureux à Barcelone, malgré les recommandations de sa mère… un séjour dont elle reviendra plutôt échaudée.

Puisque Totoche est échographe, Aurore accompagne sa fille en consultation à l’hôpital où il travaille. Nouvelles émotions. Les anciens amants se revoient, mais lui ne veut plus souffrir — très beau Thibault de Montalembert en homme ému, empêché et triste à la fois. Fin de non recevoir.

Alors, on a très envie que ça marche entre eux. Qu’ils la rattrapent cette histoire avortée de leurs jeunes années contrariée par l’obligation du service militaire et l’incontournable éloignement. Qu’ils s’aiment sans compter et sans relâche ces deux-là, dans la joie de la reconquête amoureuse !

Le film de Blandine Lenoir est engagé, militant même. À de multiples reprises, il plaide la cause des femmes, dénonce la précarité, le machisme, l’inquiétude que ne manquent pas de générer le temps qui passe et l’image que l’on aimerait conserver dans le regard de l’autre. Il dit la difficulté de trouver du travail quand on a “passé l’âge” ou que l’on est surdiplômée et d’origine étrangère. Il dit le formatage sociétal, l’énergie incroyable dont bien des femmes sont porteuses.

Il questionne cette période dite du “retour d’âge”, quand une femme rencontre la ménopause, les tracas qui vont avec — excellente scène avec le gynécologue qui n’a aucune solution à proposer à Aurore et s’en moque. Un film qui dit aussi le désir, la joie de vivre, le retour à une certaine liberté que permet la maturité…

Même si Agnès Jaoui est très convaincante en Aurore, femme battante, on sort de la projection un peu emmêlée par le tourbillon de propos militants égrenés tout au long du film, ne sachant plus très bien, finalement, quelle histoire on nous a racontée.

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