#Défi d’écriture : le partage !

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Un bien étrange printemps

Penser le confinement dans ma maison, son appartement, leurs tentes ou leurs rien du tout et imaginer le monde d’après, sans travail quotidien, sans trajet imposé ni horaire prévu d’avance ; pas de temps morts à boucher à tout prix. Banalement, le ciel sera bleu, plus clair qu’avant la maladie, l’air me semblera plus pur, les avions reviendront peu à peu apporter leurs panaches lointains. Et puis, j’irai au bord de la mer, sans crainte d’y croiser un malade : je serai immunisé, j’aurai traversé l’épidémie, j’aurai surmonté l’épreuve. Dans les roseaux qui bordent la plage, un pétrel s’ébroue, comme surpris de voir à nouveau un humain qui marche et qui semble rêver. Il observe précisément un animal qui s’enfonce dans le sable humide en percevant le pas de l’homme pourtant aussi discret qu’il le peut encore. Le crabe semble apeuré, cela fait mal à l’humain que je suis, qui a juste envie de partager ce moment de sérénité avec les vivants et l’océan qui murmure le chant de sa marée montante. Pensif est l’humain que je suis, heureux d’avoir survécu, soulagé de n’avoir perdu aucun de ses proches, aucun des ami.es qui lui sont resté.es fidèles. Il n’a pourtant rien fait pour cela, juste un coup de fil de temps en temps, pour s’assurer que tout allait bien, ou juste pour parler un moment. Malgré le clapotis des vaguelettes, ou à cause de lui, je pense à mon jardin, dans lequel j’ai passé de longues heures au temps de l’épidémie à regarder pousser les fèves, germer les betteraves et fleurir le lilas. Un bien étrange printemps !