#Défi d’écriture : le partage !

#Défi d’écriture : le partage !

Bienvenue ! regardez bien la barre ci-dessous, tout y est !

Vous devez vous identifier pour créer des messages et des sujets.

soleil couchant

Le soleil d’août va s’éteindre bientôt, au-delà de la cime des chênes qui masquent l’horizon. La journée qui s’achève aura été heureuse. Alice est fatiguée d’avoir coupé tant de bois. Demain, ils l’empileront savamment sous les acacias ; il lui donnera quelques conseils, qu’elle ne suivra peut-être pas, mais la pile sera solide malgré tout. Aucun coup de vent, aucune tempête ne le renverseront. Il sera sec l’année prochaine.

Nul événement n’est venu troubler leur sérénité. Ils ont même pu faire une longue sieste, sous les arbres. Il s’est endormi, la tête posée sur ses genoux, pendant qu’elle lisait L’Arbre-Monde, ce livre au succès mondial, mais mérité.

Un peu plus tard, pour le goûter, il a épluché une poire qu’ils ont partagée. Le jus sucré coulait le long des mains d’Alice.

- Il faut qu’on avance dit soudain Paul. Je voudrais finir de dégager le frêne ce soir.

- J’ai envie de traîner encore un peu, on est bien ici. Regarde ce nuage, il a la forme d’un bateau.

Paul s’amusait souvent de ces moments poétiques qu’elle lui donnait.

Il pense à la randonnée qu’ils ont prévue pour demain : descente jusqu’au lac, puis retour par la forêt, après un en-cas grignoté sur la petite plage. Elle nagera longtemps, comme elle aime à le faire. Puis ils reprendront la balade, à l’ombre des hêtres, bien droits, accueillants, frémissant dans le vent de fin d’été.

Pendant qu’elle termine son goûter, il rince la théière.

- On y va ?

- J’arrive.

Ils reprennent leur travail. Elle veut essayer la tronçonneuse. Paul la surveille, inquiet. IL guide ses gestes un peu maladroits. Elle est attentive. Elle se débrouille bien. Les rondins sont réguliers, à la bonne longueur pour le poêle.

- Je crois que tu réussirais l’examen de bûcheron !

Elle est flattée à chaque fois que Paul la félicite. Elle aime apprendre. Elle aime qu’il lui montre les gestes qu’il tient de son grand-père. Le téléphone d’Alice la rappelle à sa condition de chef de service. Paul s’énerve parfois, quand elle prend les appels alors qu’ils sont occupés à autre chose. Il sait qu’il a tort, que cela ne durera plus très longtemps : bientôt elle arrêtera de travailler. Tout sera plus serein.

- Non, s’écrie-t-elle, ce n’est pas le boulot, c’est Émile. Je décroche.

Il l’entend écourter la conversation :

- Et vous arrivez quand ?

- …

- Ah, c’est chouette. On vous attend.

- …

- Euh, un ami qui est venu m’aider à couper le bois. À lundi, mon chou, sois prudent.

Elle revient vers Paul, un sourire joyeux aux lèvres.