#Défi d’écriture : le partage !

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promenade

La maison domine le jardin. Juste devant la terrasse, un bosquet de houx accueille de petits oiseaux chanteurs. Un nuage ou deux s’invitent au dessus d’eux. Alors Alice avance doucement sa main vers lui, qui termine sa troisième tasse de café. Tu viens ? On va cueillir quelques fleurs ? Attends, dit Paul, je vais rincer l’entonnoir. J’arrive dans une minute. Elle le regarde à travers le rideau fatigué de la baie vitrée. Elle est émue. Elle se souvient du jour où il était arrivé sans prévenir. Elle l’attendait si peu qu’elle ne l’a pas reconnu tout de suite ! Il lui souriait pourtant. Ils se sont embrassés longuement, c’était un dimanche. Il sort de la minuscule cuisine. Il lui prend la main. On y va ? Elle l’attire un instant contre elle. Il est heureux. Ils descendent vers le cabanon, sentent le parfum des roses. Alice en cueille quelques unes. Tu as vu les iris ? Oui, ils sont beaux. Nous les avons plantés ensemble. C’était il y a dix ans déjà. Ils continuent encore un peu vers l’ombre des grands sapins. Ils perçoivent avec bonheur le froufrou d’un couple de merle qui s’envole en piaillant sa colère. C’est calme ici, j’adore ce coin du jardin. Paul a déjà entendu cent fois cette phrase, il ne s’en lasse pas. Alors, sans prononcer un seul mot, c’est un taiseux Paul, il la prend dans ses bras, la serre si fort qu’elle en tremble. Furtivement, les souvenirs des mauvais jours reviennent. Il veut oublier, il n’oublie pas. Il ne le lui dit pas. C’était après le coronavirus : il s’était isolé ici. Il avait préparé le jardin en l’attendant. Les semaines étaient passées, longues. Il avait pourtant la certitude qu’elle viendrait. À quoi tu penses ? Oh, à rien, de mauvais souvenirs. Allez ! Dis-moi. Je repense aux mois que j’ai passés ici à t’attendre. J’avais l’intuition que tu viendrais. C’est ça qui me faisait tenir. Tu ne peux pas l’oublier ? Toi qui oublies si facilement les mauvais souvenirs, dit Alice. Ça s’efface peu à peu. Viens, dit-elle, raconte moi encore mon arrivée, j’adore les mots que tu mets sur cet instant.