#Défi d’écriture : le partage !

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Plus le temps de rêver

Ça devait finir comme ça, se dit Linda, affalée contre le tronc d’un séquoia géant. Ça devait se terminer dans ce coin perdu de l’Oregon, près d’une autoroute déserte sur laquelle devaient passer deux voitures à l’heure.

Ah, ces Rencontres des Arts, quel bide ! Partie en stop et larguée au milieu de nulle part avec juste de quoi tenir quelques heures : une boite d’ananas au sirop en cubes, un coca et une gourde d’eau tiédasse.  Voilà où elle en était. Le super plan aurait pu mieux tourner. Retrouver des copains de l’école des Beaux-Arts, partager, puis avancer dans le projet d’exposition dans les villes de festival de l’été. Mettre en commun leurs créations pour se faire connaître.

Elle jeta un regard las et blasé vers un grand carton à dessin ouvert. Soupira, puis sourit tristement en voyant ses croquis au fusain : un lave-linge, quatre paires de lunettes de piscine plus vraies que nature, un nu de dos à peine esquissé, des feuilles de bloc-notes gribouillées.

Elle prit sa tête entre les mains, donna un coup de pied rageur sur un  caillou qui ne bougea pas. Elle n’aurait pas dû s’embarquer dans cette aventure avec Edith. Edith qui s’était barrée avec Ted. La belle affaire !  Ah, l’étudiant  charmeur et ses cartes postales. Il en distribuait aux filles en particulier. Monsieur Ted et son site en ligne, « Ted Concept Store ». Producteur d’images de tour du monde : Asie, Afrique, Amériques. Au choix.

Il  en avait sélectionné deux pour elle, numérotées et offertes dans une enveloppe de papier velours bleu nuit. Un paysage de montagne andin  et une boîte de conserve Andy Warholesque où dominaient le rouge et le noir.

Ça me fait une belle jambe, songea-t elle.

Pourtant une chose l’avait touchée lors de ses échanges du week-end. C’était une petite peinture maori dans des tons orange et noir. Echangée à un artiste néo-zélandais contre une skyline de la ville de San Francisco à l’encre. La peinture en pointillés minuscules représentait le Temps du Rêve des aborigènes maoris comme un labyrinthe secret.

A présent, son rêve à elle était de trouver une issue au cauchemar qu’elle vivait.

Linda posa la peinture près de son cœur.

 

29 mars 2020

Merci, Victoire, de poster vos (tes ?) textes ! Je me sens moins seule 🙂

J'espère que nous serons bientôt rejointes par d'autres, en attendant je me réjouis de vous/te lire !

Amicalement,

Pauline