#Défi d’écriture : le partage !

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la nausée

Effrayée par l’orage, Alice s’était blottie dans ses bras. Le vent soufflait fort, la pluie se transformait en grêle. Les tomates allaient souffrir. Le crépuscule n’était plus qu’un souvenir : la nuit s’était posée soudain sur le lent paysage.

- Ne t’inquiète pas, lui dit dit Paul, lui-même affolé par les éclairs si proches, qui illuminaient la petite maison déjà plongée dans l’obscurité. L’important, c’est d’être ensemble, nous ne risquons rien tant que nous sommes tous les deux.

Alice avait les larmes aux yeux. C’est la première fois qu’il la voyait ainsi terrorisée par un orage. D’un coup, les volets de l’entrée s’ouvrirent sous l’effet d’une rafale plus forte que les autres, puis la porte grinça. Paul aussi s’inquiétait de plus en plus.

- Attends, je vais refermer le volet, dit-il.

- On dirait que la maison bouge, on se croirait sur un bateau, dit Alice.

- Mais non, c’est toi qui as la nausée. Viens sous la couette, tu seras mieux.

Il la prit doucement pas les épaules, l’aida à se relever du canapé rose à fleurs, un peu démodé, la conduisit dans la petite chambre plongée dans le noir.

- Je ne sais même pas où sont les bougies.

Après l’avoir allongée sur le lit, il tenta de fermer les volets.

- J’ai mal au cœur, parvint à dire Alice.

- La nausée, tu veux dire ? Tu veux un jus de citron ?

- Non, laisse moi un moment, j’ai juste besoin de calme, tu es gentil.

- Laisse moi juste enlever le couvre-lit. Il me semble que tu as trop chaud.

Paul revint s’asseoir dans le canapé. Pourvu que ça ne dure pas trop longtemps, se dit-il, toujours un peu désarmé quand il voyait souffrir Alice. Il savait qu’il fallait parfois la laisser seule, dans le noir. Il alluma son téléphone, écouta ce podcast qu’il avait enregistré depuis longtemps : « une cohabitation étrange : l’homme de Florès et les pangolins ». C’était un reportage diffusé peu après le virus. Comment ces hommes vivant dans la forêt cohabitaient sans peine avec cet animal réputé dangereux : il avait tué des millions de personnes par virus interposé ?

Alice l’appela doucement.

- On ira à Toulouse, un de ces jours ?

- Si tu veux. Je te montrerai la basilique Saint-Sernin, une restauration Viollet-Leduc qui a dénaturé l’édifice selon certains. Je suis sûr que ça va t’intéresser. Et c’est là qu’a eu lieu la cérémonie funèbre de Nougaro. J’y étais.

Alice n’était pas dupe : elle savait bien que Paul essayait souvent de détourner son attention quand elle était mal. Même si ce n’était pas toujours utile, cela l’aidait bien, pensa-t-elle, amusée.

- Ah ! Revoilà la lumière. Je vais vite allumer le four. Le gratin sera prêt dans 30 minutes, tu crois que tu pourras manger ?

- Oui, ça va mieux, dit-elle pour le rassurer, alors que la nausée continuait à la tenailler.

Pourtant, pensa-t-elle, j’aime bien cet univers : Paul est là, il prend soin de moi. Nous sommes en pleine nature. Que demander de plus ?