#Défi d’écriture : le partage !

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Défi n°1 Rire et autres couleurs

Peut-être rire colore t-il de rose certaines joues ? On parle de rire jaune, rire asiatique aussi. C’est pas bon signe par les temps qui courent. Peut-on rire bleu ? Pour la peur c’est plutôt le vert qui domine. Couleurs et émotions ça nous parle, non ?

Alfred, lui, ne sait pas ce que rire veut dire. D’ailleurs avec un prénom pareil au XXIème siècle c’est plutôt ridicule. Tout dépend de comment on le prononce, vous ne pensez pas ? Façon snob, bouche grande ouverte en articulant bien : AAlfrEED. Ou façon voyou comme l’aurait prononcé Gabin : Elfrèd.

Ça parle aussi les visages pendant un tournoi sur un court  de tennis bondé. Quand la tension se fait de plus en plus sentir dans les gradins. Visages crispés des spectateurs dont les têtes en unique mouvement rythmé gauche droite, droite gauche fendent l’air, souffle suspendu. Parfois mâchoires serrées, parfois sourires d’espoir. Du vert, du rouge, du pâle.

Même l’unique pin en lisière du centre sportif risque un hochement depuis sa  cime étalée. Serait-ce simplement le vent ou ressent-il, lui aussi quelque émotion, là dans sa solitude végétale ?

En ce moment tout se joue sur et autour du terrain de jeu dans une tension palpable où seule la frappe de la balle impose son tempo.

Sauf pour le gardien à l’entrée qui rit régulièrement. Pas de rictus induit par ce qui se passe dans la partie. Il rit, ses yeux fixés sur l’écran de son téléphone portable. Rien à fiche du tennis. Son sport à lui se sont ses pouces qu’il muscle dès que le temps le lui permet. Et il en a du temps le gardien du stade.

Passe alors près de lui un chat blanc, démarche langoureuse et feutrée. L’animal s’avance, frôle le jogging marine, s’arrête en levant son museau, curieux, vers les un mètre quatre vingt et les épaules baraquées de celui qui, concentré sur sa vidéo n’a rien vu arriver.

Et tout d’un coup voilà le colosse pris d’un fou rire qu’il essaie de réfréner un peu, une main devant la bouche. Et qui, plié en deux se voûte. Rester discret alors que sur les gradins là haut ça respire à présent en vagues rythmées.

Tiens, le chat, dit-il en apercevant le félin, qu’est-ce que tu fais là, t’as ton ticket ? Et il se met à rigoler à nouveau. Le chat pas sauvage du tout fait un petit écart et contemple intrigué l’énergumène qui pouffe de plus belle et décide de s’éloigner vers la pelouse derrière lui.

Et là, il retrouve un gazon doux comme du velours, tondu à la perfection. Et il s’y vautre, pattes vers le soleil. Rien à fiche du sport et des hommes. Je fais ma gym à moi, celle qui lisse mes poils et masse mon échine. Il miaule, un regard adressé au gardien qui paraît s’être calmé. S’il savait qu’on m’appelle Alfred, il se serait encore un peu plus bidonné pense-t-il en s’étirant de plaisir.