#Défi d’écriture : le partage !

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c'est la fin

C’est bizarre, se dit-elle, l’air est pur, et tout est encore calme. On dirait que les gens ont oublié de sortir ce matin. Je ne sais pas quand il arrivera, mais ce qui est sûr, c’est que je l’attends. Tiens, le filet de badminton est toujours en place dans le jardin, j’aurais cru qu’il aurait été volé pendant tout ce temps. On peut encore y accéder par le petit portail vert. Il est encore tôt, c’est drôle comme je n’ai plus envie de dormir, comme si mon cerveau avait senti qu’il était enfin libre, qu’il pourrait s’immerger dans ce petit bout de nature. C’est un curieux événement qui nous est arrivé : 8 semaines enfermés dans nos appartements, sans sortie ou presque. Personne ne s’y attendait. Certains ont voulu défier l’autorité en allant se promener dans le parc, j’en ai vu de mon balcon. Et peut-être que la gargouille, là-haut, les a vus aussi ! Il paraît qu’à la campagne on surveillait par hélicoptère. C’est vraiment n’importe quoi ! Je ne pouvais pas imaginer que l’état serait répressif à ce point. Ça fout les jetons.

Elle continue sa promenade dans le jardin. Quelques objets hétéroclites ont été chassés par le vent : un caban de marque Formak, un plan de Landivisiau, des canettes, un masque de Zorro, une boîte de CD. C’est fou ce que les humains sont capables de laisser traîner. Parmi tous ces objets, il y a même une cafetière. Quelle connerie !

Il aura fallu cette zoonose pour que je découvre la beauté de cet endroit, pense-t-elle en avançant vers le superbe sophora qui commence juste à se couvrir de feuilles. C’est elle qui a tout précipité. Si Alex ne m’avait pas tendu la main, je crois serais devenue folle. Je lui dois beaucoup. Je me souviens de son pseudo quand il m’a draguouillé sur Instagram : Quirinal ! Ça m’a d’abord amusée, puis intriguée. Il exerçait une sorte de pouvoir sur moi, je ne m’en apercevais pas. Mais il faut que j’arrête de ressasser ces histoires. Laissons passer le temps.

Tout en marchant vers le sophora, elle pense à Paul devant ses mots croisés. Il la sollicitait rarement, ou alors pour lui soumettre des définitions qu’il avait déjà résolues, comme celle-ci : « Chante-t-il turlututu ? En cinq lettres. » Elle n’avait évidemment par trouvé. Urubu ! Elle a toujours de la tendresse pour Paul avec ses petites manies. Mais souvent il m’énervait, ne peut-elle s’empêcher de penser, rien de ce que je faisais ne semblait lui convenir. C’est probablement pour ça qu’il s’est éloigné. Comme la fois où nous étions seuls dans le wagon vers Blois. Je voulais des caresses, il voulait lire. Rien ne trouvait grâce à ses yeux. Pourtant, j’avais déployé toutes mes armes, sourires, câlins, baisers pour l’amadouer. Rien n’y faisait. Il s’est renfermé.

Il était bizarre, Paul.