#Défi d’écriture : le partage !

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Celle qui compte

Surtout, rester concentrée. Ne pas laisser les cris des mouettes et des enfants me détourner de ma tâche. Compter. J’y suis presque. 102 998 270, 102 998 271, 102 998 272, 102 998 273... Quand elle me regardait, j’avais le cœur tellement plus grand. Je ne savais pas, alors, que son départ était imminent. Tant de secondes gaspillées à s’éloigner, à se faire du mal, tant de moments à procrastiner, toujours procrastiner. À choisir le comportement nécessaire, à faire semblant, à être quelqu’un d’autre, quelqu’un qui était, indéfiniment, dans le renoncement immédiat. Le compromis, la couardise définitive, carrée, obtuse. Tous ces gens autour de moi qui vivent comme si de rien n’était, avec leur crème solaire, leurs paréos à la con, qui ne savent pas qu’elle n’est plus là, que plus rien n’a le droit d’être dans un monde où elle n’est pas. 102 998 289, 102 998 290, 102 998 291... 102 998 292. J’ai vécu près d’elle 3 ans, 3 mois, 5 jours, 2 heures, 38 minutes, 12 secondes. 102 998 292 secondes, 102 998 292 grains de sable. J’ai rempli mon sablier. Ce sablier lui servira de stèle mémorielle. Moi, je resterai à côté, comme une chienne aveugle et sans dents pour hurler, je compterai les grains, un par un, jusqu’à crever dans le cimetière de ma douleur.