#Défi d’écriture : le partage !

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au jardin

Soir de fête de la musique, jardin Truillot, Paris 11ème.

Les violons le disputent aux guitares sous ce bon soir de juin. Alice et Paul arrivent alors que les musiciens sont déjà en place. Près du carré de tomates, quatre guitares s’accordent. Des sud-américains qu’on voit souvent dans le quartier, explique Alice. Les doigts de l’unique jeune fille du groupe semblent danser sur les frettes. Sa musique rappelle à Paul « Duelling Banjo ». « Tu te souviens de Délivrance, demande-t-il à Alice ? Bien sûr ! ». Ils avancent. En passant devant les blettes qui commencent à monter en graine, ils croient reconnaître l’allegro du concerto en fa de Gershwin. C’est un trio de jazz qui joue : au sax,un grand black rigolard, une beurette souriante au clavier et surprise ! Eloi aux drums. Eloi est le fils cadet d’Alice. Elle se cache un peu dans la foule qui grossit maintenant pour qu’il ne la voie pas. Elle sourit. Elle est heureuse de voir qu’il ose improviser en public. Pendant le solo d’Eloi, le saxophoniste sourit de toutes ses dents. On dirait de l’ivoire. La foule attentive semble ignorer l’averse soudaine, comme suspendue dans cet instant magique.

Paul pense avec amusement à ses timides essais de guitare, quand il était étudiant. Il s’entraînait le plus souvent seul dans sa chambre. Parfois un copain entrait pendant qu’il plaquait péniblement un accord en massacrant une chanson de Brel ou de Moustaki. Le copain ne restait en général pas longtemps ! Il aurait aimé jouer de la musique aussi bien qu’Alice. Elle se débrouille plutôt pas mal. Elle a pourtant peu de temps pour s’exercer. C’est vrai qu’elle ne chante pas très juste. Paul le lui dit parfois avec une pointe de tendresse.

Ils sortent chacun de leur rêverie, se sourient, avancent un peu pendant que le trio se laisse applaudir. Tous ces gens ont l’air heureux d’être ici, de partager ce moment de simplicité heureuse. Plus loin, c’est un piano électrique qui reprend tant bien que mal le Concert à Köln. Paul adore ce morceau. Il en connaît des passages par cœur. Il l’écoute souvent quand il est triste et qu’il pleut des cordes.

Viens, lui dit-il, ce morceau me fait toujours pleurer. Elle le prend par la main. Elle lui dit fièrement : « regarde les laitues que j’ai plantées, elles sont presque bonnes à manger. »

Bonjour Paul,

J'aime la simple tendresse qui émane de vos textes.

Et, dans celui-là, cette image qui m'a beaucoup plu : écouter de la guitare ou du violon, c'est vrai que c'est encore plus savoureux quand il pleut des cordes 🙂

Belle journée !

Amicalement,

Pauline