Rêve d’une nuit

Rêve d’une nuit

La chambre est fraîche malgré l’été. Fenêtres ouvertes pour un léger courant d’air. Au lointain, la chaussée sur la rivière et son bruit continu de chute d’eau. Le chant des grenouilles tandis que les oiseaux sont silencieux. Arbres immobiles. Rue d’un calme parfait.

Elle dort profondément. Sa couette de coton remontée sous les bras. Étirée en travers de son lit elle rêve. Elle visite un immense appartement.

Devant elle, un long mur vitré à mi-hauteur. Luminosité. Un mur peint de mille couleurs et couvert de matière organique. Matière qui attire ses mains. Besoin de toucher, de sentir et d’éprouver.

Dans ce décor, elle ajoute de la chaux teintée. De l’agile peut-être. Par petites touches d’une spatule en forme de losange, elle couvre les portions blanches et leur donne le ton. Camaïeux ocre, rouge, violet, bleu, vert, noir, gris, orange… les couleurs sont multiples et la vision puissante.

Elle visite son mur. Touche la matière. S’émeut de la multiplicité des teintes. Elle prend du recul. Force du tableau. Diversité des tons, des reliefs, et leur complémentarité.

Elle prolonge son travail dans une pièce adjacente. Elle passe sur les murs un rouleau de peinture corail tirant au rouge. La couleur se transforme en matière. Au sol une moquette, un tapis peut-être. Poils fauves sous ses pieds. Parterre de crins soyeux.

Elle passe de la pièce au mur. Caresse les parois et apprécie le relief, la rugosité. Se laisse happer par les couleurs. Se demande si le gris sombre se doit de demeurer. L’éclaircir peut-être…

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