Moonlight

Moonlight

Chiron vit avec sa mère, sans frère et sœur, sans père. Il est écolier, se fait rabrouer par certains élèves pour ses manières. Chiron est livré à lui-même, sa mère toxicomane s’intéresse exclusivement au crack et aux moyens de s’en procurer. L’enfant est frêle, il ne cherche pas la bagarre et on sent bien qu’il ne fera pas le poids face à certains.

Alors qu’il se sent menacé par la bande de fortes têtes qui lui en veulent, il se réfugie dans un bâtiment désaffecté. C’est le dealer en chef du coin qui finira par le libérer et se prendre d’affection pour l’enfant. Curieux paradoxe : le dealer est un brave gars qui vend du crack à la mère d’un gamin qu’il finit par accueillir volontiers chez lui, par prendre sous son aile, par éduquer.

Chiron grandit. Les relations avec sa mère sont toujours tendues. Elle jalouse le fait qu’il soit le bienvenu chez Juan, qu’il reçoive de l’argent et de l’affection, alors qu’elle est incapable de lui en donner. Les relations de Chiron avec ses camarades ne sont pas plus simples. Il est assez solitaire. Se demande s’il est gay, ne trouve pas la réponse, comprend auprès de Teresa et Juan qu’il est possible d’aimer des hommes quand on est soi-même un homme. Chez eux, c’est sans problème.

Il s’éprend de Kevin, jeune homme de son lycée également attiré par lui — très belle scène sensuelle et sensible — qui finira par lui casser la figure, par soumission au caïd de l’établissement qui déteste Chiron et ses manières. Et l’on comprendra qu’il vaut mieux, dans certains milieux, se comporter en traître plutôt que d’avouer devant des brutes son amour pour l’autre, son respect pour lui. Rupture.

Adulte, Chiron a transformé son corps. Il est devenu très musclé et s’entraîne constamment. Il a fait de la prison, deale à son tour. Il a repris les codes et les attitudes de Juan.

Un soir, un appel vient bouleverser sa routine. C’est Kevin. Son amour passé déçu. Kevin pense toujours à lui. Bouleversé, Chiron traverse le pays en voiture pour se rendre au restaurant dans lequel travaille son ami.

Retrouvailles belles et émouvantes. Le passé se raconte. Les larmes se libèrent. Deux hommes s’aiment.

Moonlight est un film subtil, émouvant. Il dit la difficulté de découvrir simplement sa sexualité dans certains milieux. Il dit la haine de certains pour ceux qui les dérangent. Et la dureté d’une enfance solitaire, violentée, sans amour ni repères, pour un gamin sensible. Le film dit aussi la difficulté de changer de condition de vie quand, dès l’enfance, tout est si compliqué.

Barry Jenkins réalise Moonlight, récemment couronné de l’Oscar du meilleur film.

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