Lulu femme nue

Lulu femme nue

À Angers, après avoir raté un entretien d’embauche auprès d’un sale type, Lulu manque le train du retour et des possibles s’offrent. Famille buissonnière le temps d’un pas de côté, à la marge, au large de ceux qui la tiennent ailleurs.

Fugue, chambre d’hôtel, Lulu se décale, pose un nouveau regard sur son environnement imprévu. Elle ose vivre autrement et prendra le temps qu’il faudra pour contenter son besoin d’une pause. Et les rencontres arrivent.

Saint-Gilles-Croix-de-Vie hors saison, entre bleu-gris et vent, appartements de front de mer aux volets clos, plage déserte et lumière d’hiver, Lulu s’offre une parenthèse. Elle met à distance sa vie d’épouse mère qu’on pressent besogneuse, sans soutien ni complicité maritale, dans une âpreté qui ne fait plus envie. Elle inquiète les siens.

Elle rencontre Charles et ses deux inséparables frères qui en font un peu trop. Tous trois installés dans un mobil-home qui lui font une place dans leur univers. Puis surgit Martha à qui on ne la fait pas, vieille femme au passé mal digéré. Ensemble, elle mangent des rillettes périmées, se marrent, règlent des comptes à l’injustice et ne se quittent plus. Ou Presque.

Lulu femme nue dit l’amour, la tendresse de l’autre et le désir qui surgit. La solidarité dans l’adversité. Les marginaux au cœur tendre et la vieillesse qui angoisse. Le sentiment de trahison que connaissent les enfants abandonnés, et leur tolérance aussi, après la colère. Le film raconte encore le courage d’une femme qui affronte celui qu’elle n’aime plus avec qui elle partage trois enfants. La force qui pousse au dépassement de soi et l’incroyable capacité humaine de croire en ses rêves.

Le film de Solveig Anspach est incroyablement doux. Sans fioritures, il touche et rend tendre. Karin Viard y est très juste, Bouli Lanners émouvant. La réalisatrice qui s’inspire de la BD d’Étienne Davodeau propose une belle histoire sensible.

J’ai récemment croisé une amie. Nous avons “parlé cinema”. Elle m’a dit ne pas être rentrée dans ce film. Ne pas y avoir cru. Avec elle, cela n’a pas “fonctionné”.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *