L’Amour est un crime parfait

L’Amour est un crime parfait

Magnifiques paysages de montagne en hiver, tombée de neige nocturne merveilleusement filmée ; bâtiment vitres et béton avec vue superbe, chalet en bois perdu dans les hauteurs, en lieux de vie des personnages ; bungalow luxueux et vue sur le lac.

Dans le décor, un loup traverse l’image de temps à autres, puis des corneilles : des hallucinations.

Marc enseigne l’atelier d’écriture de création dans une université. Son public est exclusivement féminin. Il consomme les jeunes femmes, vit avec sa sœur et entretient avec elle une relation incestueuse. Une de ses aventures d’une nuit disparaît, mais la crevasse qui nous a été montrée dès le générique de début est l’indice qui, déjà, trace une piste. Magnifique lettrage dudit générique…

Jalousie entre frère et sœur, rivalité masculine, vacuité des êtres humains et folie sexuelle, une enquête policière démarre dans l’université et débarque Anna, la belle-mère de la disparue qui intrigue.

Le scénario lasse vite. Le ton décalé des acteurs ne coïncide pas avec ce que l’histoire tend à raconter. On ne saurait dire si les réalisateurs se moquent d’eux ou s’ils soutiennent leurs personnages. Consternation quant au rôle attribué aux femmes. Hommes qui ne valent pas grand-chose par ailleurs. Insistance du regard enfiévré de Marc pour nous donner à comprendre qu’il tourne mal. Et bon nombre de clichés jusqu’à celui, pathétique, de l’homme à jeunes femmes qui s’émeut de jouir pour la première fois si profondément d’une femme de son âge…

Adapté d’Incidences, un roman de Philippe Djian, le film des frères Larrieu oscille entre grand-guignol et grotesque pour, finalement, aborder à toute allure un sujet dramatique qui pourrait aider à comprendre la folie de Marc — il est question de violence familiale, du meurtre probable de ses propres parents. On aura beau citer quelque auteurs de talent, mettre en scène des acteurs non moins talentueux — Denis Podalydès, Karin Viard, Mathieu Amalric, Maïwen, entre autres — le film n’atteindra pas les lointains sommets enneigés qu’il nous donne à admirer.

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