Amy

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Le documentaire consacré à Amy Winehouse manque l’objectif qui aurait pu être celui de raconter, de garder la trace, de produire une histoire de l’artiste.

Le film enfile les images issues de téléphones mobiles, essentiellement ceux des proches de la chanteuse. Mauvaise qualité d’image, mauvais cadre, son médiocre, images tressautantes, le parti-pris est rapidement inconfortable et agaçant.

Bien qu’elle ait sans doute donne quantité d’entretiens, à aucun moment du film Amy Winehouse n’a vraiment la parole. Les propos se succèdent la concernant. On parle d’elle, on parle « sur » elle, avec un angle consistant à mettre systématiquement en voix off les personnes interviewées, leur nom à l’écran accompagnant leur voix.

De ce documentaire, on n’apprendra rien qu’on ne sache déjà. Amy Winehouse était monstrueusement talentueuse. Atteinte de boulimie, elle avait développé de multiples addictions : drogue, sexe, alcool, et vécu un succès plus que douloureux.

Premier écueil : le film s’ouvre sur des images familiales et une jeune femme qui chante un magnifique happy birthday. On ne sait d’où elle vient, quel est son parcours. Amy Winehouse est donnée comme autodidacte, elle ne l’était pas.

Deuxième écueil : la chanteuse ne parle pas d’elle, très peu de sa création, pas de son univers, de son immense force de vie et de ses angoisses, aussi la rencontre demeure-t-elle impossible.

Troisième écueil : l’artiste est peinte en victime. Victime de l’amour, victime des tourneurs, victime de la drogue, de son père, des paparazzis… Terriblement réducteur, cela devient vite insupportable.

Des paillettes d’un succès qui vient très tôt, on passe rapidement à la déchéance d’une femme dépendante, et rien ne nous est épargné. Alors c’est l’agacement qui l’emporte après que le documentaire aura montré Amy Winehouse brisée par l’alcool et la drogue, titubant sur scène, sabotant l’un de ses tout derniers concerts tandis qu’elle est incapable d’assurer sa partie.

Quatre ans après la mort de l’artiste le 23 juillet 2011, se pose la question de l’objectif d’un tel objet filmique réalisé par Asif Kapadia, produit par Universal Music.

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