À Paris

À Paris

Ville partiellement désertée en plein mois d’été, Paris est torride en cette deuxième partie de juillet. Chaleur caniculaire sur la ville et sa périphérie.

Dès la sortie de l’aéroport, navette brûlante puis RER bondé dans lequel une chaleur écrasante porte chacun à tenter de trouver qui un morceau de papier, qui un livre ou seulement sa main, pour brasser l’air autour de son visage. Sans le moindre mouvement, les corps suent à gouttes apparentes.

Revoilà Paris, sa dureté climatique et le harassement de la grande ville.

Sortie de la gare. Dans les rues, public excédé. Visages tendus. Agressivité visible et explosive. Bien des passants sont malmenés et malmenants. Bouteilles d’eau exhibées, sodas dégoupillés rapidement ingurgités. Les passants traînent les pieds dans les rues sans air. Quelques enfants s’agitent. À se demander où ils trouvent à mobiliser ce flot d’énergie.

Revoilà Paris, ses rues bruyantes, son mouvement contraignant.

Appartement aux fenêtres grandes ouvertes. Nuit et jour sans un souffle. Au lointain les trains se succèdent, rythmant la nuit de leur mouvement vers l’ailleurs. Réveil au petit jour chiffonné. Pas moins chaud malgré le ciel partiellement couvert. Les trains s’accélèrent, leur course crisse dans le jour. Métal contre métal.

Puis le métro du parcours au travail. Chaud pour tout le monde. Tenues légères pour les femmes, chemises et vestes pour bien des hommes. L’un d’entre eux crache dans une poubelle. Jour de ramadan. Corps secoués dans la rame chargée, pneumatiques sur rails, métro aérien.

Revoilà Paris remplissant l’espace de sons stridents, oppressants. Oreilles en mode de protection.

J’entends des gens d’ici ou de la périphérie dire qu’on finit par ne plus entendre. Par ne plus se sentir bousculé. Par se protéger de ces agressions régulières. Chacun créant sa bulle à renfort de téléphone mobile dans les transports en commun. À l’aide de subterfuges pour s’enfermer dans un espace temps protecteur.

Revoilà Paris. The place to be… mais à quel prix ?

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